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Six mois de travail : combien de temps de chômage ouvrent-ils ?

· 7 min de lecture

Gants de travail et boîte à repas fermée sur une table de cuisine au petit matin

Un CDD qui se termine, une mission d’intérim qui n’est pas reconduite, une période d’essai rompue : après six mois de travail, la question de l’assurance chômage se pose tout de suite. Six mois de travail suffisent-ils pour être indemnisé, et pendant combien de temps ? Entre les jours travaillés, les heures, l’âge à la fin du contrat et un coefficient de réduction en vigueur depuis 2023, le calcul n’a rien d’évident pour qui le découvre.

En bref

  • Six mois de contrat sans interruption (182 jours calendaires) ouvrent 182 jours d’allocation chômage, soit six mois : l’Unédic fixe à 182 jours la durée minimale d’indemnisation.
  • Pour ouvrir un droit, il faut avoir travaillé 130 jours ou 910 heures sur les 24 derniers mois, ou sur les 36 derniers mois à partir de 55 ans.
  • Depuis le 1er avril 2026, une personne jamais indemnisée au cours des vingt dernières années peut ouvrir un droit avec 108 jours ou 758 heures travaillés, pour une durée minimale de 152 jours.
  • Au-delà du plancher, la durée se calcule en jours calendaires, avec un coefficient de 0,75 pour les fins de contrat à partir du 1er février 2023.

Combien de jours de chômage six mois de travail ouvrent-ils ?

Six mois de travail continu ouvrent 182 jours d’indemnisation, c’est-à-dire six mois d’allocation, parce que la durée minimale fixée par l’Unédic est de 182 jours. Le coefficient de 0,75 appliqué depuis le 1er février 2023 ne peut pas faire descendre la durée sous ce plancher.

La fiche de l’Unédic, mise à jour le 5 octobre 2026, donne précisément ce cas : un contrat de 182 jours sans intercontrat donne 137 jours après application du coefficient, ramenés à 182 jours. Elle donne aussi un second exemple : une personne qui a travaillé 120 jours mais 910 heures remplit la condition en heures, et son allocation est versée pour 182 jours.

Le plancher a un effet concret : tant que la durée calculée reste en dessous de 182 jours, c’est 182 jours qui sont notifiés. Pour dépasser ce plancher, il faut environ 243 jours calendaires de contrat, soit un peu plus de huit mois, car 243 jours multipliés par 0,75 donnent 182 jours.

Quelle condition faut-il remplir pour ouvrir un droit au chômage ?

Il faut justifier de 130 jours travaillés ou de 910 heures travaillées, soit six mois, sur la période de référence qui précède la fin du contrat. Cette période est de 24 mois pour les moins de 55 ans et de 36 mois à partir de 55 ans, selon l’Unédic et la fiche de service-public.gouv.fr applicable aux fins de contrat à compter du 1er avril 2025.

Les six mois n’ont donc pas forcément besoin d’être consécutifs : ils s’apprécient sur toute la période de référence. La fiche de l’Unédic illustre d’ailleurs la durée avec un parcours en trois périodes d’emploi séparées par des périodes sans contrat.

Autres conditions à ne pas perdre de vue :

  • l’inscription à France Travail doit intervenir dans les 12 mois suivant la fin du contrat ;
  • la personne doit effectuer des démarches de recherche active d’emploi ;
  • un délai d’attente de 7 jours s’applique avant tout versement, auquel peuvent s’ajouter un différé lié aux congés payés ou aux indemnités de rupture supérieures à l’indemnité légale, plafonné à 150 jours calendaires (75 jours en cas de licenciement économique).

Comment la durée d’indemnisation est-elle calculée au-delà de six mois ?

La durée se calcule en jours calendaires, du premier au dernier jour d’emploi de la période de référence, puis un coefficient de 0,75 est appliqué. L’Unédic décrit trois étapes : compter les jours calendaires entre le premier et le dernier jour d’emploi, retirer les périodes exclues et plafonner les jours non travaillés à 70 % des jours travaillés, puis multiplier par 0,75.

Sont retirés du décompte : un arrêt maladie de plus de 15 jours consécutifs, un congé de maternité, de paternité ou d’adoption, un accident du travail ou une maladie professionnelle, une formation inscrite dans le contrat d’engagement ou financée en tout ou partie par le compte personnel de formation (sauf exceptions), ainsi que les activités non déclarées.

Exemple tiré de la fiche de l’Unédic : sur une période de référence de 730 jours, 334 jours de contrat et 234 jours entre deux contrats sont retenus, soit 568 jours (les jours sans contrat sont plafonnés à 70 %). Après coefficient, la durée notifiée est de 426 jours.

Le tableau ci-dessous applique la même règle à des contrats continus. Il s’agit d’exemples arrondis à l’unité, sans période exclue ni interruption.

Contrat continuJours calendairesAprès coefficient 0,75Durée d’indemnisation
6 mois182137182 jours (plancher)
8 mois environ243182182 jours
12 mois365274274 jours
18 mois548411411 jours
24 mois730548548 jours (maximum avant 55 ans)

Que se passe-t-il avec moins de six mois de travail ?

Avec moins de six mois, il n’y a en principe pas de droit à l’ARE, sauf pour les personnes jamais indemnisées depuis vingt ans, qui peuvent ouvrir un droit avec cinq mois de travail depuis le 1er avril 2026. L’Unédic parle de « primo-entrants » : des salariés privés d’emploi qui ne justifient d’aucune admission à l’ARE dans les vingt années précédant leur inscription comme demandeur d’emploi.

Pour eux, la condition est de 5 mois, soit 108 jours ou 758 heures travaillés, sur les 24 ou 36 derniers mois précédant la fin du contrat. La durée minimale d’indemnisation est alors de 5 mois, soit 152 jours. La mesure s’applique aux fins de contrat à partir du 1er avril 2026 et repose sur la loi du 24 octobre 2025 et le décret du 28 mars 2026. Les autres règles (délais, cumul avec une activité, calcul du montant) restent celles du droit commun.

Un autre cas existe : pour les contrats exclusivement saisonniers, le plancher d’indemnisation est de 152 jours (5 mois) au lieu de 182 jours.

Qui échappe au coefficient de 0,75 et quelles sont les durées maximales ?

Le coefficient de 0,75 ne s’applique pas aux résidents des départements et régions d’outre-mer et collectivités à l’ouverture des droits, aux marins pêcheurs, aux dockers occasionnels, aux intermittents du spectacle, à certains expatriés ni aux bénéficiaires du contrat de sécurisation professionnelle. Pour tous les autres, il s’applique aux fins de contrat à partir du 1er février 2023.

Les durées maximales, coefficient compris, varient selon l’âge à la fin du contrat :

Âge à la fin du contratPériode de référenceDurée maximale
Moins de 55 ans24 mois548 jours (18 mois)
55 et 56 ans36 mois685 jours (22,5 mois)
57 ans et plus36 mois822 jours (27 mois)

La réduction de 25 % dépend de la conjoncture : service-public.gouv.fr indique qu’elle s’applique tant que le taux de chômage reste inférieur à 9 % et n’a pas progressé de 0,8 point sur un trimestre, ce qui est le cas à la date de vérification de la fiche (23 juillet 2026). Quand la conjoncture est dégradée, un complément de fin de droits peut compenser la réduction pour les personnes dont il reste moins de 30 jours d’indemnisation.

Questions fréquentes

Six mois à temps partiel ouvrent-ils des droits au chômage ?

Oui, à condition d’atteindre 130 jours travaillés ou 910 heures. La condition peut être remplie en heures même si le nombre de jours est inférieur : l’Unédic cite le cas de 120 jours travaillés et 910 heures, qui donne une allocation versée pour 182 jours.

Un arrêt maladie pendant le contrat réduit-il la durée d’indemnisation ?

Un arrêt maladie de plus de 15 jours consécutifs est retiré du décompte des jours calendaires, de même qu’un congé de maternité, de paternité ou d’adoption. Une absence plus courte, de 15 jours ou moins, ne figure pas dans cette liste d’exclusions.

Peut-on s’inscrire longtemps après la fin du contrat ?

L’inscription à France Travail doit se faire dans les 12 mois suivant la fin du contrat, selon service-public.gouv.fr. Le délai d’attente de 7 jours et les éventuels différés s’appliquent ensuite avant le premier versement.

Un contrat de six mois à 56 ans change-t-il la règle ?

La condition reste de 130 jours ou 910 heures, mais elle se cherche sur 36 mois au lieu de 24. La durée minimale reste de 182 jours. Le maximum de 685 jours pour les 55 et 56 ans n’est atteint qu’avec une longue période d’emploi, pas avec six mois.

À quoi sert le complément de fin de droits ?

Il correspond à la différence entre la durée calculée sans coefficient et la durée avec coefficient. Il est ouvert, en cas de conjoncture dégradée, aux allocataires qui arrivent en fin de droits avec moins de 30 jours restants, dans la limite de 182 jours avant 55 ans, 228 jours à 55 et 56 ans et 273 jours à partir de 57 ans.

Sources

Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Unédic, « Principales règles de l’indemnisation » (fiche thématique sur la durée d’indemnisation), unedic.org, mise à jour le 5 octobre 2026. https://www.unedic.org/indemnisation/fiches-thematiques/duree-dindemnisation
  • Unédic, « Assurance chômage : une condition d’accès assouplie pour les primo-entrants », unedic.org. https://www.unedic.org/actualites/assurance-chomage-une-condition-dacces-assouplie-pour-les-primo-entrants
  • Service-public.gouv.fr, « Allocation chômage d’aide au retour à l’emploi (ARE) d’un salarié du secteur privé dont la fin de contrat de travail intervient à compter du 1er avril 2025 », vérifiée le 23 juillet 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F38881
  • Service-public.gouv.fr, actualité du 23 avril 2026 sur l’accès assoupli à l’ARE pour certains demandeurs d’emploi. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18888

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