Chômage des seniors : qu’est-ce qui change avec les nouvelles règles ?
Par la rédaction · · 8 min de lecture

Licencié à 56 ans, ou proche de la fin de ses droits à 59 ans, on entend parler d’une nouvelle loi pour les seniors au chômage sans toujours savoir de quoi il s’agit. Plusieurs textes se sont succédé en peu de temps, et les règles du chômage des seniors varient selon l’âge, la date de fin de contrat et la manière dont le contrat s’est terminé. Un décalage d’un an ou de quelques mois peut modifier la durée du droit.
En bref
- Pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2025, les seuils d’âge ont été décalés de deux ans : la durée maximale d’indemnisation est de 685 jours pour les 55-56 ans et de 822 jours à partir de 57 ans, contre 548 jours avant 55 ans.
- Pour une rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat intervient à partir du 1er septembre 2026, la durée est plafonnée à 20,5 mois à partir de 55 ans (15 mois avant 55 ans), avec une prolongation possible sur demande.
- Le maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein existe toujours, sous conditions, et son âge d’ouverture a été avancé d’un trimestre pour les générations 1964 à 1968 depuis le 1er septembre 2026.
- Un CDI « de valorisation de l’expérience », créé par la loi du 24 octobre 2025, s’adresse aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail à partir de 60 ans, ou de 57 ans si un accord de branche l’autorise.
Quelles règles ont changé pour les seniors depuis le 1er avril 2025 ?
Depuis le 1er avril 2025, l’âge à partir duquel une personne relève du régime « senior » de l’assurance chômage est passé de 53 à 55 ans, et celui du palier supérieur de 55 à 57 ans. Ces règles, issues de la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, s’appliquent aux fins de contrat à compter de cette date, ainsi qu’aux procédures de licenciement engagées à partir de cette date. L’âge s’apprécie à la date de fin de contrat.
| Élément | Avant le 1er avril 2025 | À partir du 1er avril 2025 |
|---|---|---|
| Âge ouvrant la période de référence de 36 mois | 53 ans et plus | 55 ans et plus |
| Durée maximale notifiée | 53-54 ans : 685 jours ; 55 ans et plus : 822 jours | 55-56 ans : 685 jours ; 57 ans et plus : 822 jours |
| Âge à partir duquel la dégressivité ne s’applique plus | 57 ans | 55 ans |
| Maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein | 62 ans | Décalage progressif jusqu’à 64 ans selon l’année de naissance |
La période de référence de 36 mois signifie que les 130 jours (ou 910 heures) de travail nécessaires peuvent être cherchés sur trois ans avant la fin du contrat, au lieu de deux ans, ce qui est expliqué dans l’article sur la durée de chômage ouverte par six mois de travail.
Combien de temps un senior est-il indemnisé ?
Un senior est indemnisé au maximum 685 jours entre 55 et 56 ans et 822 jours à partir de 57 ans, coefficient de 0,75 compris, pour les fins de contrat récentes. Pour les moins de 55 ans, le maximum est de 548 jours. La durée minimale reste de 182 jours à tout âge.
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale | Durée maximale avec complément de fin de droits |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 548 jours (18 mois) | 730 jours |
| 55 et 56 ans | 685 jours (22,5 mois) | 913 jours |
| 57 ans et plus | 822 jours (27 mois) | 1 095 jours |
Le complément de fin de droits ne joue qu’en cas de conjoncture dégradée, constatée par une circulaire de l’Unédic, et pour les allocataires dont il reste moins de 30 jours de droits. Il correspond à la différence entre la durée sans coefficient et la durée avec coefficient. Il atteint au maximum 182 jours avant 55 ans, 228 jours à 55 et 56 ans et 273 jours à 57 ans et plus.
Les seniors peuvent-ils allonger leur indemnisation en se formant ?
Oui, à partir de 55 ans, suivre une formation financée par l’allocation (ARE-F) ou par le compte personnel de formation peut prolonger l’indemnisation de 137 jours au plus. La prolongation est de 182 jours pour les résidents d’outre-mer.
Avec cet allongement, la durée maximale est portée à 822 jours pour les 55-56 ans et à 959 jours à partir de 57 ans. Les plafonds absolus sont de 1 050 jours (55-56 ans) et de 1 095 jours (57 ans et plus). Les formations du contrat de sécurisation professionnelle ne donnent pas lieu à prolongation.
Les conditions diffèrent selon l’âge :
- à 55 et 56 ans, il faut justifier de plus de 913 jours calendaires d’affiliation sur la période de référence de 36 mois et avoir suivi une ou plusieurs formations ARE-F inscrites dans le contrat d’engagement ;
- à 57 ans et plus, aucune durée minimale d’affiliation ou d’indemnisation supplémentaire n’est exigée, mais le coefficient de 0,75 doit avoir été appliqué à l’ouverture des droits.
L’Unédic donne deux exemples. À 55 ans, avec 1 095 jours d’affiliation, des droits de 685 jours et 100 jours de formations ARE-F, les droits sont prolongés de 100 jours. À 55 ans avec 700 jours d’affiliation, il n’y a aucune prolongation, faute des 913 jours exigés.
Que change la rupture conventionnelle pour les seniors depuis septembre 2026 ?
Pour une rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat intervient à partir du 1er septembre 2026, la durée d’indemnisation est plafonnée à 20,5 mois pour les 55 ans et plus et à 15 mois pour les moins de 55 ans. Dans les départements d’outre-mer, hors Mayotte, les plafonds sont de 30 mois et de 20 mois.
Les 55 ans et plus peuvent, sous certaines conditions, demander à France Travail une prolongation, accordée après examen de leur recherche d’emploi ou de leur projet professionnel. L’Unédic ne détaille pas ces conditions. La rupture conventionnelle collective est exclue de ce plafonnement.
Cette règle découle de l’avenant n° 2 à la convention du 15 novembre 2024, signé le 10 avril 2026 et agréé par arrêté du 19 juin 2026. Elle ne vise que ce mode de rupture : pour un licenciement ou une fin de CDD, ce sont les durées maximales du tableau précédent qui valent.
Peut-on être indemnisé jusqu’à la retraite ?
Oui, le maintien des droits permet de rester indemnisé jusqu’à l’obtention d’une retraite à taux plein, au plus tard jusqu’à 67 ans, si plusieurs conditions sont réunies. L’âge d’ouverture dépend de l’année de naissance.
| Année de naissance | Âge d’ouverture du maintien des droits |
|---|---|
| 1961 | 62 ans et 3 mois |
| 1962 | 62 ans et 6 mois |
| 1963 | 62 ans et 9 mois |
| 1964, ou jusqu’au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois |
| Après le 31 mars 1965 | 63 ans |
| 1966 | 63 ans et 3 mois |
| 1967 | 63 ans et 6 mois |
| 1968 | 63 ans et 9 mois |
| 1969 | 64 ans |
Pour les générations 1964 à 1968, ces âges tiennent compte de la suspension de la réforme des retraites (article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026), qui avance l’âge d’un trimestre à compter du 1er septembre 2026, selon l’Unédic.
Les conditions sont cumulatives : être indemnisé depuis au moins un an, ne pas pouvoir prétendre à une retraite à taux plein, justifier de 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage dont une année continue ou deux années discontinues sur les 5 dernières années, et avoir au moins 100 trimestres validés.
Que prévoit le CDI de valorisation de l’expérience ?
Le contrat de valorisation de l’expérience est un CDI ouvert aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail à partir de 60 ans, ou de 57 ans si un accord de branche étendu le prévoit. Le Code du travail numérique précise qu’il a été créé à titre expérimental pour 5 ans par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, issue de l’accord national interprofessionnel du 14 novembre 2024.
Il vise à lever les freins au recrutement des seniors et à permettre aux salariés de compléter leurs droits pour une retraite à taux plein. Ce contrat ne remplace pas l’indemnisation chômage : il s’agit d’un type d’embauche, pas d’une allocation.
Pour les seniors qui signent un contrat d’engagement, la suite du parcours est décrite dans l’article sur le contrat d’engagement France Travail.
Questions fréquentes
L’âge s’apprécie-t-il à la date d’inscription ou à la fin du contrat ?
À la date de fin de contrat, selon l’Unédic. Une personne qui fête ses 55 ans quelques semaines après la fin de son contrat relève donc encore des règles applicables avant 55 ans, avec une période de référence de 24 mois et une durée maximale de 548 jours.
Les durées de 685 et 822 jours incluent-elles déjà le coefficient de 0,75 ?
Oui : ce sont des valeurs notifiées, coefficient compris, pour les fins de contrat à partir du 1er février 2023. Sans coefficient, les maximales étaient de 913 jours pour les 55-56 ans et de 1 095 jours pour les 57 ans et plus, ce qu’on retrouve aujourd’hui dans le complément de fin de droits.
La rupture conventionnelle collective est-elle plafonnée comme la rupture individuelle ?
Non, l’Unédic précise que la rupture conventionnelle collective est hors du champ du plafonnement à 20,5 mois et à 15 mois. Seules les ruptures conventionnelles individuelles dont la fin de contrat est fixée à partir du 1er septembre 2026 sont concernées.
Que faire à la fin des droits quand on a plus de 50 ans ?
Une allocation de solidarité spécifique (ASS) peut prendre le relais : elle exige 5 ans d’activité salariée dans les 10 ans précédant la fin du contrat et des ressources sous un plafond. Son montant journalier est de 19,48 € depuis le 1er avril 2026, versé par périodes de 6 mois renouvelables. France Travail précise aussi que les allocataires de l’ARE âgés d’au moins 50 ans peuvent opter pour l’ASS.
Le maintien des droits est-il automatique à l’âge indiqué ?
Non, il faut remplir toutes les conditions cumulatives : un an d’indemnisation minimum, 12 ans d’affiliation et 100 trimestres validés, sans pouvoir déjà prétendre à une retraite à taux plein. L’indemnisation cesse dès que le taux plein est atteint, au plus tard à 67 ans.
Sources
Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Unédic, « Principales règles de l’indemnisation » (fiche thématique sur la durée d’indemnisation), unedic.org, mise à jour le 5 octobre 2026. https://www.unedic.org/indemnisation/fiches-thematiques/duree-dindemnisation
- Unédic, « Avant/après : ce qui change avec la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024 », unedic.org, 15 janvier 2025. https://www.unedic.org/actualites/avant-apres-ce-qui-change-avec-la-convention-d-assurance-chomage-du-15-novembre-2024
- Unédic, « Assurance chômage : ce qui change le 1er septembre 2026 », unedic.org. https://www.unedic.org/actualites/assurance-chomage-ce-qui-change-le-1er-septembre-2026
- Code du travail numérique, « Le contrat de valorisation de l’expérience (CVE) », code.travail.gouv.fr. https://code.travail.gouv.fr/fiche-ministere-travail/le-contrat-de-valorisation-de-lexperience-cve
- Service-public.gouv.fr, « Allocation de solidarité spécifique (ASS) », vérifiée le 1er avril 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F12484
- France Travail, « L’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) », francetravail.fr. https://www.francetravail.fr/candidat/mes-droits-aux-aides-et-allocati/aides-financieres-et-autres-allo/autres-allocations/lallocation-de-solidarite-specif.html



